À l'Hémicycle de la Fondation Florence, Benjamin Haddad, ministre chargé de l'Europe, plaide pour une Europe plus souveraine et maîtresse de son destin.
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On décrit souvent une Europe hésitante, en retard, dépassée par les grandes puissances. Et si le vrai problème n'était pas notre faiblesse, mais le fait que nous l'ayons oubliée notre force ?
Pour ce rendez-vous de l'Hémicycle, la Fondation Florence a eu l'honneur de recevoir Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe. Fort de sept années passées à Washington, au plus près des relations transatlantiques, il est venu partager avec nos talents une lecture à la fois lucide et résolument volontaire de la place de l'Europe dans le monde.
Le constat de départ est frappant. L'Europe dispose d'atouts considérables : le deuxième budget de défense au monde, un marché intérieur immense, une avance scientifique réelle dans de nombreux domaines. Sur le papier, les cartes sont là.
Le problème, selon lui, tient moins à nos moyens qu'à notre organisation. Trop de barrières internes freinent encore notre élan, et nous n'investissons pas assez là où tout se joue désormais : la technologie, le spatial, l'intelligence artificielle, le quantique. Autant de terrains sur lesquels se décidera notre capacité à rester dans la course face aux États-Unis comme à la Chine.
De ce diagnostic découle une conviction claire, qui a traversé tout l'échange : le moment est venu, pour les Européens, de prendre leur destin en main. Cela passe par une préférence européenne assumée, l'idée que l'argent public des Européens doit d'abord servir à combler notre propre retard et à faire émerger des champions industriels à notre échelle.
Cela suppose aussi de regarder notre sécurité en face. Dans un monde où le rapport de force est redevenu la règle, Benjamin Haddad défend l'idée que c'est aux Européens, in fine, de garantir eux-mêmes leur sécurité, plutôt que de la déléguer indéfiniment.
Et pour celles et ceux qui douteraient de la solidité de notre modèle, il rappelle un fait qui a marqué la salle : il y a aujourd'hui davantage de pays qui aspirent à rejoindre l'Union européenne qu'il n'y en a qui souhaitent la quitter. Une raison, au fond, d'être fiers de ce que l'Europe représente.
C'est précisément la vocation de l'Hémicycle : offrir à nos talents un moment d'échange rare, en cercle restreint, avec celles et ceux qui pensent et façonnent le monde de demain. Non pas assister à un discours, mais pouvoir questionner, débattre, confronter ses idées à celles d'un décideur de premier plan.
Nous y sommes entrés avec nos questions sur l'Europe. Nous en sommes repartis avec une certitude : son avenir ne se subira pas, il se choisira.
L'Hémicycle réunit, tout au long de l'année, des voix qui éclairent les grands enjeux de notre époque, face à une communauté de talents curieux et engagés.
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